Davantage de grosses défaillances dans l'IT en 2009 selon la Sfac
publié le mercredi 14/01/2009
Avec 50 002 entreprises qui avaient déposé en 2007, sur environ 2 650 000 répertoriées dans l'Hexagone, la France affichait un taux de défaillance de 1,9% tous secteurs confondus. "Ainsi, après une progression de 6 % du nombre de défaillances d'entreprises en 2007, la tendance s'est accélérée avec une hausse de 12 % au cours des dix premiers mois en 2008. La remontée de la sinistralité touche désormais l'ensemble des entreprises sans distinction de taille ou de secteur d'activité et s'étend à toutes les régions", indique Euler Hermes Sfac, le premier assureur-crédit européen. Le secteur des services, dans l'IT notamment, compte beaucoup d'entreprises personnelles qui sont plus exposées en cas de crise, d'où un taux de défaillance plus important que dans la distribution IT, où les sociétés sont plus structurée et de taille plus conséquente en global. "La grande masse des défaillances est constituée de très petites entités souvent de création récente. Mais on assiste à un nombre croissant d'entreprises importantes (+30% pour les entreprises employant plus de 200 salariés) contraintes à déposer le bilan ou à demander à bénéficier de la procédure de sauvegarde.", précise Euler Hermes Sfac.
L'IT n'est pas le secteur le plus impacté par la crise Laurent Delol, analyste chez Euler Hermes Sfac France, remarque d'ailleurs davantage de défaillances en 2008 chez les sociétés IT réalisant plus de 15 ME, avec des exemples comme Ares, la Camif, etc. Cet observateur redoute plusieurs défaillances importantes dans l'IT pour les mois à venir. Toutefois, Laurent Delol n'entrevoit pas une vague d'annulation massive des commandes dans l'IT, même si toutes les entreprises du secteur constatent, selon lui, une attitude prudente de leurs clients dans le cadre d'un ralentissement prévisible de leurs activités en 2009. Côté distribution informatique, "2009 sera une année de retournement de tendance économique, après une année de baisse en 2008 et de stabilisation du marché IT en 2007". Pour les services IT, la tendance est tout autre selon lui, même si la donne évolue. "Les taux de croissance de l'industrie des services IT ont oscillé entre 6 et 8 % depuis 2002, mais il devrait être plus faible en 2009, de l'ordre de 2 à 3 %, contre environ 5 % sur le seul deuxième semestre 2008".
Le resserrement des crédits favorise la hausse des défaillances Parmi les causes invoquées, Euler Hermes Sfac cite la baisse des carnets de commandes industrielles et le resserrement des conditions de crédit, deux facteurs qui ont pesé lourdement sur la situation financière des entreprises. Les marges des entreprises s'érodent, les délais de paiement s'allongent, entraînant une accélération des défauts de paiement et des défaillances d'entreprises. Par ailleurs, la plupart des sociétés IT sont mal structurées financièrement et chroniquement sous capitalisées, ce qui aggrave leur situation... "L'idée que seules les entreprises peu performantes disparaîtront en 2009 est erronée", prévient Laurent Delol. "Certaines disparaîtront en bonne santé, victimes d'un incident de paiement majeur". Il encourage donc les entreprises à sécuriser davantage leur poste client, à renforcer leurs besoins en fond de roulement (BFR), mais aussi à rencontrer très tôt leurs partenaires financiers en cas de crise financière.
La Sfac n'a pas levé le pied en 2008 L'ensemble de ces paramètres expliquent pourquoi la Sfac est plus sélective dans le choix des garanties accordées. "Il n'y a pas eu d'arrêt brut des crédits en 2008. La machine fonctionne toujours dans les deux sens, même si Euler Hermes Sfac a alloué fin 2008 un peu moins de crédits qu'avant", précise Laurent Delol. Ce que son président, Michel Mollard, a confirmé fin décembre. Le dirigeant a déclaré que les encours accordés par Euler Hermes Sfac "étaient stables depuis le début de 2008, soit près de 210 MdE garantis sur l'année". Le dirigeant a précisé que la Sfac garantie chaque jour environ 6000 demandes. Concernant les mesures prises par le Gouvernement pour soutenir le recours aux crédits, Michel Mollard estime que "Ce dispositif permet aux assureurs crédits de rester pour une durée d'environ six mois supplémentaires sur certains risques desquels nous nous serions sans doute retirés sans l'intervention de l'Etat.".
La France affiche l'un des taux de sinistralité les plus forts d'Europe En Europe, seuls le Luxembourg (2,7 %) et l'Autriche (2,2 %) affichaient cette année là un pourcentage aussi élevé. Par comparaison, les 3 460 000 sociétés allemandes n'enregistrent un taux de défaillance que de 0,8 %, soit la moitié ! La SFAC indique que ce taux ne reflète pas forcément le niveau de la sinistralité effective en Europe : en effet, dans nombre de pays, les défaillances se règlent en dehors des tribunaux. Le problème est que le système de notation des entreprises est toujours assez obscur et rarement accessibles à leurs dirigeants. La crise financière a prouvé la relative inefficacité des agences de notation, américaines notamment...
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