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Computacenter achète Top Info

publié le mardi 15/02/2011

Les rumeurs qui circulaient la semaine dernière étaient donc vraies. Computacenter va bien acquérir son concurrent Top Info, le dernier "corporate dealer" français. Il déboursera entre 21 et 37 ME. Seulement ? Pourtant, Olivier Fichebin, le directeur des opérations de Top Info, nous affirmait encore vendredi dernier que ce n’étaient que pures spéculations et manœuvres de désinformation de la concurrence…

 

La vente de Top Info est une nouvelle page d'histoire de la distribution IT qui se tourne, quelques jours seulement après celle d'Ares, son concurrent historique. Cela faisait pourtant plusieurs années que les rumeurs sur la vente de Top Info refaisaient régulièrement surface, tel un bon « marronnier » de notre secteur.

 

Top Info est un intégrateur, un « corporate dealer », spécialisé dans la distribution en volume des matériels IT et des logiciels à des grandes entreprises et administrations publiques en France, dont SNCF, Crédit Agricole et EDF. Top Info emploie 240 salariés sur quatre implantations en France : son siège à Bagnolet (93) et trois agences à Lille, Lyon et Nantes. S’y ajoute un entrepôt de 6000 m² où il dispose de postes d’intégration pour personnaliser les équipements IT de ses clients.

 

Top Info, une entreprise familiale

Créé en 1987, Top Info annonçait vingt ans après un chiffre d’affaires de 156 ME en 2007 pour un résultat de 3% après impôts. Les derniers chiffres parus dans le communiqué de presse britannique de Computacenter (et non français) font état d’un chiffre d’affaires de 147,2 ME pour un bénéfice avant impôts de 4,5 ME. Une performance honorable, mais qui n’a guère évoluée ces dernières années, due en grande partie à la gestion en « bon père de famille » du couple Weinberg, Catherine et Guy, deux figures connues du channel IT. Ces derniers possédaient d’ailleurs encore 62% du capital de Top Info, le solde étant détenu par les banques CIC, NSM, CDC et le groupe IDI.

 

Un prix de vente relativement peu élevé

Le prix de vente de Top Info Sas est relativement peu élevé. Il est annoncé par Computacenter UK à 21 ME, auquel s’ajoute 1 ME dépendant des performances de l’entreprise sur 2011, S’y ajoute environ 15 ME que Computacenter devrait payer en cash par rapport au solde de la trésorerie à la fin de l’exercice fiscal 2011 de Top Info, prévu pour fin décembre.

Pour plusieurs raisons. Tout d’abord, on l’a dit, ce revendeur a peu de services à offrir, et donc peu de chiffre d’affaire récurrent. De plus, il est toujours dirigé par ses fondateurs près de vingt-cinq ans sa création, lesquels n’ont pas vraiment de dauphin adoubé et légitime. De plus, les processus administratifs et commerciaux de Top Info dépendent toujours beaucoup du couple dirigeant. Ils ne seront donc pas faciles à transmettre à un acquéreur, anglo-saxon de surcroît. Enfin, ses résultats sont restés stables depuis des années.

 

Où Computacenter trouve-t-il les financements ?

Cela dit, l’autre question que l’on peut se poser. Où Computacenter France trouve-t-il l’argent pour s’offrir Top Info, même si son prix de vente de son concurrent est relativement peu élevé ? Sachant que la filiale française de ce corporate dealer esquisse, depuis 2010 seulement (+17% de chiffre d’affaires), un retour à la rentabilité, après des années de déficit. De sa maison-mère anglaise bien sûr. Toutefois, celle-ci a elle aussi connu des exercices plus glorieux par le passé. Néanmoins, elle annonçait le 11 janvier 2001 un cash net de 138,6 M£ (hors financement spécifiques des clients, CSF), contre 86,4 M£ un an plus tôt. Preuve que Mike Norris, le pdg de Computacenter, est parvenu malgré tout à reconstituer son trésor de guerre.

 

Enfin, la vraie question est : pourquoi Computacenter achète-t-il vraiment Top Info aujourd’hui, et non pas il y a deux ans par exemple? Pour refaire son retard en termes de surface financière par rapport à son concurrent anglais SCC, le leader européen de la catégorie ? Pour empêcher un tiers d’acheter Top Info, afin d’éviter de la concurrence sur les grands comptes publics ? Votre avis nous intéresse…

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