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Acquisitions et « Work package » au programme 2011 d’Ausy

publié le mardi 14/12/2010

Ausy termine très bien 2010 avec une croissance d’environ 30%. Cette société d’ingénierie et de conseil prévoit de reprendre ses acquisitions en 2011. Philippe Morsillo, son directeur général, confirme qu’Ausy augmentera également le poids du « work package » dans ses deux pôles : R&D externalisée et intégration du SI. En effet, ces offres de services packagées aident les sociétés de services à améliorer leurs marges.

 

CBP (Channelbp.com) : Est-ce que 2010 se termine mieux pour vous que 2009, une année terrible pour le secteur des services IT ?

Philippe Morsillo, directeur général de la société de conseil et d’ingénierie Ausy : Effectivement, 2009 a été une année globalement morose pour le secteur. Sauf pour Ausy, qui a enregistré 11 % de croissance totale l’année dernière, dont 3% en organique, pour un chiffre d’affaires de 154 ME. 2010 s’annonce même meilleure. Au 30 septembre, le chiffre d’affaires cumulé du groupe affiche une hausse de 31,5% à 141,5 M€ (contre 107,6 M€ en 2009). La croissance organique des neuf premiers mois atteint 13,3%. Ausy vise 25% de croissance par an d’ici fin 2012, dont la moitié en externe.

 

Comment ventilez-vous ce chiffre d’affaires ?

Ausy génère aujourd’hui 50% de son chiffre d’affaires en R&D externalisée pour l’industrie, et 50% dans les systèmes d’information (SI) pour le tertiaire.

 

Votre croissance passera-t-elle à nouveau par des acquisitions en 2011 ?

Ausy a réalisé déjà cinq intégrations en 2009 et nous avons quelques projets potentiels en cette fin 2010. Sur 2011, le groupe renouera avec une croissance externe plus soutenue.

 

Quels types d’entreprises Ausy pourrait-il acquérir ?

Ausy cherche des acteurs de la R&D externalisée et du SI employant au moins 150 à 200 salariés. Ce type d’entreprise est plus facile à intégrer du fait de notre taille et de nos processus maîtrisés dans ce domaine. Nous avons quand même déjà réalisé six intégrations.

 

En France ou à l’international ?

Ausy recherche des sociétés complémentaires pour ses activités au niveau international, car le groupe possède déjà 18 implantations en France. Nous prévoyons de nous renforcer dès 2011 dans des pays comme l’Allemagne et l’Angleterre. Nous sommes déjà présents en Allemagne avec Edag, un partenaire allemand qui pèse 700 ME, avec lequel nous adressons le monde aéronautique (Airbus, Eurocopter, EADS, etc.).

 

Comment Ausy financera-t-il ces acquisitions futures ?

Ausy a 30 ME de cash disponible, ce qui nous permet d’acheter des entreprises dont le chiffre d’affaires avoisine les 60 ME. Nous n’avons pas besoin de financement extérieur.

 

Avez-vous réalisé vos précédentes acquisitions à la barre ?

Ausy achète très peu les entreprises en difficulté à la barre afin de les intégrer plus rapidement. Quand nous les  rachetons, nous leur amenons nos processus et notre logistique.

 

Constatez-vous une reprise des commandes IT dans les entreprises ?

Le niveau de projets détectés est revenu au niveau de 2008. Je constate donc une nette reprise sur 2010, mais les clients du tertiaire ont redémarré plus rapidement que les autres secteurs dès fin 2009. L’industrie connaît elle  redémarrage plus lent.

 

Ausy étant très présent dans l’Industrie, n’avez-vous pas souffert de la baisse de commande de ce secteur ?

Le groupe n’a pas souffert du déclin de la commande automobile, car nous sommes peu présents dans ce secteur. Fort heureusement, la Banque/Finance a redémarré mi 2009 quand l’industrie était à la peine, ce qui nous a permis d’équilibrer nos activités. J’ajoute que nous ne sommes pas trop tributaires de nos clients puisque le premier d’entre - Amadeus - ne pèse que 9,5% de notre chiffre d’affaires, puis viennent des groupes comme Thales, Safran, mais aussi des banques, etc.

 

Comment s’est comporté votre pôle Assistance Technique en 2010 ?

L’assistance technique pure a tendance à décroitre au profit du « work package », offre où la société de services fournit au client une solution clé en main, et non une personne uniquement. Le « work package » améliore la rentabilité de l’assistance technique, laquelle a déjà augmenté en 2009. Sinon, nous pouvons choisir de partir au forfait avec le client, selon son degré de maturité dans les services et la spécificité de sa demande.

 

Ces offres packagées ne simplifient-elles pas le travail de vos concurrents ?

Non, contrairement aux idées reçues, le « work package » n’est pas une offre simple à construire. Il faut payer un ticket d’entrée élevé, qui combine une culture d’entreprise et des processus industriels standardisés, ensemble qu’Ausy maîtrise depuis 10 ans. Le « work package » introduit un vrai changement dans le modèle économique des sociétés de services comme la notre. Cette approche nous aide à réaliser notre marge davantage sur nos compétences et leur capitalisation, que sur le prix.

 

Voyez-vous d’autres avantages au « work package » ?

C’est un vecteur fantastique de recrutement, car Ausy peut proposer plus facilement des évaluations de carrière motivantes aux ingénieurs, lesquels peuvent également se former dans l’Université Ausy. Le « work package » peut faciliter l’intégration de nouvelles structures, et notamment de petites tailles, surtout quand elles ne peuvent plus vendre assez de forfait par exemple.

 

Proposez-vous le « work package » indifféremment sur vos deux grands pôles d’activités ?

Sur la R&D externalisée, le « work package » représente plus de 40% de notre chiffre d’affaires, et un peu moins sur l’autre pôle. L’objectif d’Ausy est de dépasser les 60% d’ici fin 2012. En revanche, la progression sera beaucoup lente sur les systèmes d’information, même si le contexte s’y prête de plus en plus.

 

Ces « work package » vous dispensent-ils de recourir à la coûteuse labellisation de vos processus industriels ?

Pas du tout. Ausy est labellisé CCMI au niveau 3 pour des processus que nous utilisons régulièrement dans des secteurs tels que le Spatial et l’Aéronautique par exemple. Le groupe est également référencé EN90100, norme qui évalue les performances des sociétés de services dans le respect des procédures pour ces environnements. Nous avons d’ailleurs obtenu la note maximale dans ce domaine. Ces labels nous permettent de prendre des engagements pluri annuel sur des projets de 3000 – 4000 jours hommes. Attention, il faut savoir refuser un projet car tout dérapage coûte cher. Fort heureusement, Ausy est désormais bien équiper pour en évaluer les risques.

 

Quels sont les secteurs dans lesquels Ausy doit se renforcer en 2011 ?

Le développement du groupe est très orienté logiciels. Nous avons surtout besoin de logiciels embarqués, et un peu de PLM. Pour le SI, il s’agit principalement de développement sur Java, JEE, etc. Ausy veut remonter dans la chaîne de valeur pour être capable de livrer des sous-ensembles complets en R&D externalisée

 

Quelles sont les technologies les plus demandées par vos clients ?

Les technologies open source, le décisionnel (BI), l’agilité, etc. Le marché a besoin de se structurer davantage sur la BI. Ausy collabore de plus en plus avec les éditeurs pour détecter des projets, développer des logiciels avec eux, et former nos ingénieurs avec leurs technologies. Le groupe est partenaire Gold Microsoft, Zent, Saas, etc.

 

Ausy se positionne-t-il actuellement sur les offres Cloud et Saas ?

Je constate l’existence d’un gros buzz médiatique, mais pas ces technologies ne sont pas encore demandées par nos clients. Le Saas et le Cloud concernent davantage les clients de nos offres IT que ceux de la R&D externalisée.

 

N’êtes-vous pas obligé de recruter davantage pour accompagner votre croissance rapide ?

Ausy a déjà recruté plus de 400 salariés en 2009 et nous en recrutera au moins 600 cette année. Nous sommes devenus une vraie machine à recruter. En effet, une forte croissance organique impose un niveau d’exigence important sur la qualité des hommes et des processus. Il passe par une implication de la totalité de l’entreprise sur les recrutements pour choisir les meilleurs éléments.

 

Avec la reprise des commandes, constatez-vous une pénurie de compétences dans certains domaines ?

Pas spécialement. Toutefois, je constate que les ingénieurs sont plus sollicités et que les salaires augmentent. A nous de rester attractifs pour attirer les talents et être les premiers à les détecter.

 

Le secteur IT attire-t-il encore les meilleurs étudiants ?

Ce ne sont pas les mêmes candidats qui vont dans des secteurs tels que la Finance. Ce ne sont pas non plus les mêmes profils qui veulent travailler sur des calculateurs embarqués que ceux opérant sur la R&D embarqué et le SI.

 

Comment formez-vous vos recrues et techniciens ?

Ausy a des cursus particuliers dans l’Université Ausy, organisme de formation créé mi 2005 au siège. Certes, c’est un coût important en facial pour le groupe, mais cette Université constitue un vecteur de culture commune à l’entreprise et un outil de recrutement pour animer les filières techniques, commerciales et managériales.

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