2010, l’odyssée d'un monde IT en mutation
publié le lundi 03/01/2011
Après une année 2009 assez calamiteuse pour l’industrie IT en général, fournisseurs et prestataires IT fondaient leurs espoirs de reprise sur 2010. La plupart ont été déçus, car la conjoncture économique ne s’est guère améliorée l’année dernière. En revanche, 2010 demeurera dans les annales de l’IT comme une année riche en bouleversements. La rationalisation intensive des infrastructures IT convergentes dans les entreprises, ainsi que l’avènement de nouveaux modèles de vente des infrastructures et applications (Cloud et Saas) bouleversent les modèles économiques et les rapports de force entre acteurs, dans le channel notamment. CBP vous en retrace les grandes lignes en quatre épisodes.
Premier trimestre 2010
Pas de reprise en vue au premier trimestre
Le marché IT demeure atone au premier trimestre 2010. Dès février, la société d’études Pac n’entrevoit pas de reprise dans le secteur des logiciels et services IT avant le second semestre. Le Syntec Informatique annonce une croissance inférieure à 1% pour 2010, voire une décroissance pour certains services IT, dont le conseil en technologies. Les sociétés informatiques sont victimes de la chute des prix, qui est le fruit de la vive compétition engendrée par la baisse des commandes IT chez les entreprises.
Par ailleurs, ces dernières privilégient surtout – comme en 2009 - des projets liés à la consolidation et à l’industrialisation de leurs infrastructures IT et de leurs applications, souvent au détriment de leurs renouvellements ou de leurs migrations. Dans ce contexte financier tendu, les sociétés désireuses de préserver leurs trésoreries recourent davantage aux investissements en mode Opex (dépenses de fonctionnement) plutôt qu’en Capex (capital). Au grand dam des fournisseurs IT, et notamment de ceux dont le réseau de distribution travaille essentiellement sur la vente de produits en mode transactionnel. Cependant, ce constat les conforte dans leurs stratégies de déploiement d’offres de Cloud Computing et de Saas, toutes initiées dès fin 2009.
Un contexte propice à la maintenance, à l’offshore et à l’infogérance
Toutes ces préoccupations financières bénéficient également aux offres SOA, qui donnent aux entreprises davantage de souplesse dans la gestion de leurs infrastructures IT. Un contexte propice à la maintenance, à l’offshore et à l’infogérance se développe. D’ailleurs, autre sujet de préoccupation pour le channel, les entreprises poursuivent la réduction du nombre de leurs fournisseurs principaux, une politique démarrée en 2009. Aussi, pas question de choisir le mauvais cheval pour porter les offres demandées par les entreprises et promues par les fournisseurs, dont le Cloud Computing.
Apparition de grands partenariats composites
Ces derniers l’ont d’ailleurs bien compris. Rares sont les fournisseurs capables de proposer la totalité des produits et services nécessaires à la construction d’une proposition de valeur orientée solution. La rédaction note donc l’apparition de grandes alliances technologiques, principalement autour du cloud, dont celle de Cisco, NetApp et VMWare en janvier 2010. Le même mois, HP et Microsoft investissaient conjointement 250 M$ pour simplifier la gestion des infrastructures IT virtuelles, ainsi que l’intégration des services et des applications associées. Certaines de ces alliances industrielles ne font pas les affaires des sociétés de service, car elles favorisent l’apparition de puissants concurrents…
Un regain d’acquisitions et des trésoreries flamboyantes
En complément, CBP constate qu’un nombre croissant de fournisseurs et de sociétés de services renouent avec les acquisitions. Non pour s’agrandir cette fois-ci, mais pour se doter de briques technologiques supplémentaires, dans la perspective des solutions à proposer aux clients, autour du cloud et du Saas par exemple. IBM a annoncé début 2010 qu’il investira 20 milliards de dollars en acquisitions d’ici 2015 ! Nous verrons que les autres géants de l’IT (Dell, HP, Intel, etc.) ne seront pas en reste au second semestre.
Au même moment, HP ProCurve, la division réseau de HP, prépare dès janvier l’arrivée des troupes de 3Com, équipementier réseau qu’il a acheté fin 2009. Idem pour l’équipementier électrique Emerson Network Power, qui a acquis le constructeur de commutateurs KVM, Avocent.
La reprise des grandes acquisitions chez les fournisseurs IT coïncident avec des niveaux de trésorerie très élevés. Ils sont le fruit des économies générées par d’importants programmes de restructuration - initiés en 2009 - et d’une légère embellie économique. A l’instar d’IBM, presque tous les grands fournisseurs IT annoncent dès janvier des baissent significatives de leurs chiffres d’affaires, mais une amélioration progressives de leurs marges (13,4 Md$ de bénéfices pour IBM en 2009 (+ 9%). Mais qu’il s’agisse d'Intel ou d’IBM, leurs résultats annuels 2009 sont déjà supérieurs aux attentes des analystes.
Une évolution des modèles économiques vers les services
Ce regain d’acquisitions et l’avènement des modes de vente en Saas et Cloud témoignent de la mutation accélérée des modèles économiques des fournisseurs et des prestataires IT. Marchant sur les traces d’IBM, dont la division Services génère désormais 60% de son chiffre d’affaires, HP et consorts veulent vendre davantage de solutions, en direct et en indirecte. A l’instar de la plupart de ses concurrents, Cisco et entame cette mutation. Il abandonne progressivement son statut d’équipementier télécoms pour monter en gamme et devenir une « IT Cie » possédant davantage de solutions à son catalogue. A la clé, le lancement d’une nouvelle plateforme où le réseau figure au cœur des nouvelles infrastructures IT unifiées communicantes (UCS), place réservée uniquement aux serveurs jadis.
Le secteur IT n’est pas épargné par les défaillances
Début 2010, l'assureur-crédit Euler Hermes constate une hausse, significative, des défaillances d'entreprises, dans le commerce et les services notamment. La France n’a pas été épargnée par les défaillances d’entreprises en 2009. Avec une contraction de l’activité économique de 2,2 %, et dans un contexte financier difficile, le bilan des défaillances aurait même pu être plus lourd que l’augmentation de 12 % des procédures collectives prononcées en 2009, estime Euler Hermes.
La tendance annuelle, depuis la fin 2008 jusqu’en septembre dernier, faisait craindre à l'assureur-crédit un nouveau record historique, mais le dernier trimestre 2009 s’est stabilisé au niveau du dernier trimestre 2008 pour finir l’année avec 64 661 jugements, nombre légèrement inférieur au pic de 1993 (64 814, +7 %), année où la France avait également connu une récession économique, mais de moindre ampleur (-0,9 %).
Les services sont en première ligne
Euler Hermes estime que tous les secteurs sans exception ont été affectés par la progression de la sinistralité. Le rythme de progression des dépôts de bilan dans le commerce de détail est en nette décélération (+7%), après il est vrai l’explosion enregistrée en 2008 (+23%).
Egalement affectés par une moindre demande des entreprises qui ont rapatrié une partie des services externalisés, les services aux entreprises ont également vu leur activité fléchir et le nombre de faillites croître (+15 %), notamment dans les activités de travail temporaire, la publicité ou les services informatiques.
Connexion
Du même auteur
- ALERTE CBP : SAP débourse plus de 4,5 Md$ pour Ariba
- SAP débourse plus de 4,5 Md$ pour Ariba
- Le Syndicat des Grossistes IT affiche ses ambitions - EMC encourage ses partenaires à ne pas louper le virage du Cloud - EMC acquiert un spécialiste de la synchronisation des fichiers
- Eric Toutain gère les opérations Call Center Services d'Ajilon
- William Hamber dirige les partenariats EMEA de Juniper
Rubriques
- Info du jour
- Analyse
- Editorial
- Avis Experts
- Annuaires/Guides
- Analyses/Etudes de marché
- Cas d'entreprise
- Cloud computing
- Eco-green
- Finances/Résultats
- Formations
- Fournisseurs
- Interviews
- Juridique
- Livres blancs
- Management
- Marketing channel
- Mieux vendre
- Nominations
- Prestataires IT
- Produits/Solutions
- Référencement
- Recrutement
- Services
- Sourcing
- Technologies






